chapitre 24

Chapitre 24

  • [(Acceptez-vous de prendre pour époux…)]

Allongé sur le ventre, quelque chose couchée en boule entre mes ailes s’éveille en même temps que moi au son de ces mots. Prenant peur à ces mots et parce  que j’étais éveillé, elle se sauva d’un bon que je ressentis très distinctement. Je cru d’abord que c’était Suzanne mais me retournant, je constatai que j’étais seul dans mon lit et que Suzanne n’était pas dans la pièce.

  • (Une demande en mariage? Avec un chat?…haha)

Je me levai donc tout sourire, mais à la fois intrigué par cette présence invisible qui s’était blottie dans mon dos et flatté d’avoir été choisi comme refuge le temps d’un rêve.

Alors que j’allais chercher mes cigarettes au salon, j’y retrouvai Suzanne installée sur l’un des bras du divan. Elle semblait dormir, mais à voir l’activité de ses paupières, l’idée me vînt de la croire en méditation. Comme elle n’avait pas fait attention à mon arrivée, je passai mes doigts sur le dessus de sa tête. Aussitôt, elle redressa légèrement le cou, reconnaissant ma caresse. Elle entrouvrit les yeux, mais ce que j’y vis ne me plut guère. Ses yeux étaient révulsés vers l’arrière. Cela me fit penser à une mise à jour.

  • [(L’ombre est parfois plus rapide que la lumière.)]

Je sortis. Près du supermarché où je faisais habituellement mes courses se trouvait un nouveau magasin de livre. J’y entrai pour regarder ce qui s’y trouvait. En épluchant les rayons, je fus attiré par un gros titre : World religions. Je le feuilletai. Il s’y trouvait beaucoup d’images dont certaines de la culture Maya. Malgré le fait qu’il était en anglais, je me décidai à l’acheter. Après avoir terminé les courses, je retournai rapidement à l’appartement pour regarder ma nouvelle acquisition.

Je m’installai bien confortablement sur le divan et commençai à feuilleter le livre. Les religions y éraient illustrée en ordre chronologique d’apparition. Cela partait de statuette du paléolithique représentant la déesse mère en passant par les Babyloniens, les Égyptiens, les Maya, le chamanisme et les religions abrahamiques.

Je restai à m’absorber à ma lecture jusqu’à ce que le soleil décline et la terminai par les peintures des grottes de l’Australie sous le thème du chamanisme aborigène.

Après une dernière cigarette et quelque caresse pour Suzanne, je m’affalai sur mon lit transit de fatigue. Ma nouvelle technique du son rendait ma concentration difficile et faire cette lecture sans être distrait par les bruits extérieurs s’était avéré extrêmement exténuant. C’est dans des images de peintures d’êtres étranges que je parvins à trouver le sommeil.

Alors que je dormais profondément, je fus à demi réveillé par une énergie malsaine. Bien que je ne fusse pas en mesure de bouger, la force de l’attaque me réveilla suffisamment pour que j’aie une image d’un être avec de grands yeux et des points de couleur dans le visage. Sous la force de son énergie, je me sentis tel un diapason que l’on met en vibration en le cognant. À la troisième résonance, je réussis à bouger une jambe, ce qui me permit de prendre une première respiration. Subissant une dernière attaque, je réussis à ouvrir les yeux pour ensuite m’asseoir rapidement dans mon lit, délivré d’une étreinte mortelle.

Le souffle court, je me rendis dans le salon, m’allumai une cigarette et regardai mon livre des religions du monde du coin de l’œil. Je le feuilletai jusqu’au chamanisme aborigène. La peinture n’était pas la même, mais la forme du visage portait des marques distinctives qui me laissait croire ce à quoi je venais de me confronter.

Je ne dormis pas jusqu’au lever du jour, m’abîmant dans mes pensées une cigarette à la fois. Qu’avais-je combattu? Pourquoi avais-je été attaqué? Était-ce une étape obligatoire? Ce n’était pas la première fois, mais comme à chaque fois, j’espérais que ce soit la dernière.

Je ne rentrai pas au travail et dormis tout le jour et à vingt-trois heures, je me levai. Suzanne était très enjouée de me voir pendant sa vie nocturne. Pour la première fois, nous allions passer une nuit éveillée ensemble. Il arrivait parfois qu’elle me réveillait en jouant avec un sac de plastique qu’elle ramenait dans la chambre et qu’elle ne cessait de froisser. Je la prenais alors et l’amenais dans le salon, puis je retournais me coucher en prenant soin de bien fermer la porte de ma chambre pour avoir la paix. Les chats, surtout les plus jeunes, aiment être actifs la nuit. Alors cette nuit-là, je décidai d’emmener Suzanne faire une balade à l’extérieur.

Comme à l’habitude lorsque je la sortais, je lui plaçai son harnais, y fixai une corde et l’installai sur mon épaule. Elle voulait souvent descendre, mais à force d’habitude, elle commençait à apprécier le réconfort et la vue à partir de mon épaule. Elle scrutait avidement le monde, nerveusement, et me montait parfois sur la tête lorsqu’une automobile passait.

En revenant de notre marche, tout près de notre appartement, je détachai la corde pour la laisser marcher dans le portique. Suzanne sauta par terre et se précipita dans le stationnement. Comme il n’y avait personne, je ne m’inquiétai pas et allai à sa rencontre. Sur les bancs de neiges du stationnement, je pus voir du coin de l’œil  de manière fugace d’étranges dessins dans des tons de gris. Ils n’étaient apparents que le temps de les apercevoir. Le plus élaboré représentait un cavalier sur un cheval blanc.

  • [(…Le premier cavalier…)]

Lorsque je retrouvai finalement Suzanne, elle était sous des escaliers. Je l’attrapai difficilement, mais je sentis son amusement. Lorsque nous fumes à l’intérieur, je lui demandai si c’était elle qui avait fait ces dessins. Elle miaula de satisfaction et je remarquai à quel point elle était rayonnante.

La nuit tirait bientôt à sa fin et je repris le livre des religions. Alors que je le feuilletais, je m’attardai sur le chamanisme amérindien. Après avoir lu l’article, je contemplai longuement les photos. Plus je les regardais, plus j’avais l’impression qu’elles changeaient ou plutôt, qu’elles se révélaient. Puis vînt d’un coup une énorme pression spirituelle. J’étais tellement étouffé et écrasé que je me dirigeai pour ouvrir la porte du balcon afin d’avoir un peu d’air. Comme je ne me sentais pas mieux et que la présence ne voulait pas me quitter, je pensai à refermer le livre. À peine ai-je posé les yeux dessus que la pression s’intensifia. Rapidement, je refermai le livre au prix d’un intense mal-être. J’allais vomir.

Je me rendis à mon lit pour m’allonger. L’estomac à l’envers et de la difficulté à respirer, je tentai de trouver une position confortable mais en vain. Je ne sais si je perdis connaissance ou si je m’endormis, mais je fus réveillé en sursaut. Était-ce une image? L’instant d’un regard, à côté de mon oreiller, s’était trouvé un corps replié sur lui-même, momifié. Plus de peur que de mal, je me levai. Le soleil était déjà couché. En allumant une cigarette, je n’osai pas ouvrir le livre des religions. Je préférai écouter de la musique, mais je n’arrivais pas à relaxer. Tout était un stimulus.

J’entendais une auto dans le stationnement. Elle avait de la difficulté à démarrer. Le moteur semblait vouloir caler lorsque je l’entendis partir. Involontairement, je lui volai le son et elle étouffa instantanément. Elle redémarra, je la volai à nouveau, elle étouffa de nouveau. Elle redémarra, je me concentrai sur ma musique et je l’entendis s’éloigner. Depuis que j’avais commencé à jouer avec le son, je ressentais une pression sur la tête. Une pression toujours plus grande. Lorsque je fermais les yeux pour me reposer, je voyais des couleurs et des images de lumière. Il m’était impossible de relaxer et je m’endormais à chaque soir avec difficulté, exténué.

Après une tentative de retour au travail, je compris que j’étais passé de l’autre côté du voile. J’avais de la difficulté à me concentrer sur ce qui était normal. Tous les petits détails, mouvement d’énergie autour des gens, le son de leur voix, l’impact du moindre son, de la moindre porte provoquait des remous et des vagues qu’il m’était impossible d’ignorer. Certaines personnes me firent remarquer que je n’étais plus moi-même, que j’étais renfermé, moins jovial, moins loquace. Mais je ne pouvais exprimer ce qu’il m’arrivait. Je ne pouvais que répondre que je ne me sentais pas bien. La pression sociale devînt tellement insupportable que je dus encore une fois cesser de travailler.

Chapitre 25

Des jours et des nuits insoutenables s’enchaînèrent. Une spirale de sons et de lumières causée par cette énergie localisée au milieu du front. J’avais pris l’habitude de me promener dans mon quartier pour m’aider à m’endormir. Je portais presque toujours mon casque de musique. La musique m’aidait à me couper des stimuli du monde extérieur et me relaxait. Un soir, alors que je passais devant un bar, je décidai d’y entrer pour prendre un verre. Je n’avais pas réfléchi très loin car une fois la bière commandée, je pris conscience que l’endroit était bondé et qu’il y avait de la musique. Par chance, la musique n’était pas rythmée. C’était un blues avec des accords simples, un rythme lent, une ambiance lascive.

Puis, le serveur vînt changer la musique. Je regardai l’horloge, il était vingt-trois heures et l’ambiance de lounge se transformait en discothèque. Je commençai à être agressé par la musique. Je la sentais tournoyer autour de moi et j’avais peur de la diriger vers les gens autour. L’idée me vînt alors de la diriger dans les verres suspendus au bar. La musique était rapide et je commençai bientôt à manquer de verre à viser. Puis, sans intension, je demandai :

  • (Qu’est-ce que c’est?)
  • VITRE!!!

J’avais clairement entendu au travers de la cacophonie des sons une voix féminine crier  « vitre ». Je laissai mon verre sur le champ et me dirigeai rapidement vers la sortie le cœur affolé.

  • (Elle a répondu!!)

J’enfilai mon casque de musique et tentai d’étouffer mes réflexions lorsque j’entendis les instruments parler. Les cuivres étaient particulièrement faciles à entendre. J’enlevai aussitôt mon casque. Je m’engouffrai dans un parc pour tenter de me calmer. Je sentais mon cœur se débattre. J’avais peur, terriblement peur.

  • (Mais qu’est-ce qui m’arrive? Qu’est-ce qui m’arrive?)
  • (J’entends tout.)
  • (Il n’y a aucun moyen d’y échapper.)
  • AUCUN!!!

Et pour la première fois de ma vie, je laissai mes émotions s’exprimer en un cri de désespoir et de fureur…Un cri qui perça la nuit du parc, un cri au travers de mon âme, un cri qui sommeillait depuis la vieille capitale. Je fondis en larme. Une automobile qui passait s’arrêta. Un homme sorti pour me demander si tout allait bien. Je me relevai, prenant conscience de ma situation et lui dis que tout allait bien. Je rentrai à la maison.

M’installant sur le divan, Suzanne vînt me dire bonsoir. Elle s’installa sur ma poitrine mais je la replaçai à mes côtés. Elle eut un petit gémissement et remonta sur ma poitrine. Elle semblait comprendre ma tristesse. Elle s’engouffra le nez au travers ma chemise et je me remis à sangloter de plus belle. C’est alors que je sentis mon cœur devenir froid, exactement comme la sensation que j’avais eu lors de l’activation du cube. Mon cœur était froid et j’en avais une image argentée. J’eus un petit rire et Suzanne se mît à ronronner.

Alors que je la caressais, je l’écoutais ronronner tout doucement :

  • Rrrrrwwwrrrrwwwrrrraaaawwwwwouirrrr…
  • ( !!! )

Je devins lucide en un instant. J’écoutai de nouveau :

  • Rrrrrwwwwouiwwwrrrrrencorrrrrwwwww…

Elle dû me sentir me raidir.

  • Rrrrwwwooorrrwwwturrrparrrlerrrchawwwrrrr

Elle parlait!! Et je la comprenais!! J’eus un éclat de rire et je tentai de ronronner à mon tour pour parler chat. Elle me regarda droit dans les yeux et pour la première fois, je sus qu’elle me comprenait, que j’avais un être sensible et intelligent devant moi. Ses yeux me regardaient comme une vraie personne. Elle ne se contentait pas de me voir, elle me regardait dans les yeux. C’est alors que je remarquai que ses yeux avaient changés de couleur. Il y avait une partie de l’œil qui était devenu d’un vert argenté d’une texture cristalline.

Je plaçai ma main sur ces yeux, fermai les miens et nous restâmes ainsi, l’un et l’autre, ensemble. Je me remis à la cajoler, elle se remit à ronronner. Elle replaça son nez dans ma chemise pour se blottir lorsque je l’entendis de nouveau ronronner.

  • T’es profond toi…et tu nous laisses jouer. C’est pour ça que je t’ai choisi.

Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire, mais j’appréciais l’entendre dire que j’étais choisi pour quelque chose, que ce qui m’arrivait avait un sens et que je devais rester patient pour que celui-ci se révèle. J’avais toujours cette pression autour de la tête, comme un bandeau que l’on a porté trop longtemps et que l’on continu de ressentir une fois enlevé. Nous nous sommes endormis ainsi sur le divan.

Je me réveillai le lendemain avec la ferme intention de trouver une logique à ce qui m’arrivait. Si je ne pouvais voir le sens, peut-être pourrais-je trouver une certaine logique qui me permettrait de me projeter dans l’avenir et de me rêver de nouveau.

Je remontai jusqu’à l’université, là où tout avait commencé, ou plutôt là où tout s’était arrêté. Peut-être fallait-il que je continus ce que j’avais commencé. Ce qui m’avait conduit à être ce que j’étais devenu n’avait-il pas encore tout son sens? J’étais parvenu à un point de maturité et maintenant, il fallait que je puisse continuer sur cette voie. Il me fallait faire quelque chose de concret comme au début de l’université.

Et surgissant de ma mémoire, une question me revînt à l’esprit :

  • (Qu’est-ce que nous?)

Cette fois, la réponse fût un chaos d’image où l’idée qui tentait d’émerger était la relation que j’entretenais maintenant avec la réalité. Il me fallait reclasser toutes mes expériences et tenter d’en faire émerger une synthèse.

Je commençai par retrouver mes travaux universitaires pour me remémorer l’état d’esprit dans lequel j’étais et qu’elles étaient les idées qui m’habitaient alors. N’est-il pas dit que si l’on ne sait pas d’où l’on vient, comment peut-on savoir où l’on va?

J’avais passé la soirée à lire et j’avais la tête lourde, j’étais fatigué, je voulais dormir, mais lorsque je fermais les yeux, il y avait cette lumière qui me gardait éveillé. Je plaçai un disque dans l’ordinateur. Une fenêtre s’ouvrit à l’écran et j’appuyai sur le bouton lecture. Un flot de forme et de couleur se fit sur l’écran et je restai à le regarder. Plus je le regardais, plus je me sentais bien. La pression à la tête se dissipait tranquillement. C’était relaxant, apaisant à regarder. Je venais de trouver un remède à la suractivité de mon cerveau.

Je recommençai à étudier et le goût de la lecture revînt. Je commençai aussi à prendre des temps de relaxation devant l’écran de l’ordinateur. Le soir, surtout, quand je n’arrivais pas à dormir, je me laissais bercer par le flot de couleur de l’écran d’ordinateur. Mais l’activité lumineuse alla en augmentant. Je fermais les yeux et tout était blanc baignant dans une couleur jaune. Fatigué et cherchant une solution, je fermai les yeux fort, très fort. Je forçai mes paupières jusqu’à les sentir picoter. Une forte intensité lumineuse se fit au niveau des yeux, puis dans l’hémisphère droit de mon cerveau. D’un coup, la lumière s’éteignit et je fus devant un paysage feutré jaune et rose. Je flottais au-dessus de l’eau et je voyais la rive. Je parcouru le paysage et cru voir un arbre de lumière dorée. Une voix forte se fît entendre :

  • [(NON!!)]

Dans un craquement sonore, je sentis s’enfoncer dans mon hémisphère gauche une épée et sentis ma boîte crânienne se fendre en de multiples veines. Je pris ma tête entre mes mains mais le mal s’arrêta rapidement. Je remarquai aussitôt que je n’avais plus de pensées du côté droit : un vide. Je fermai les yeux ; une activité du côté gauche seulement. Je pris rapidement mon casque d’écoute ; je n’arrivais plus à percevoir la musique de mon côté droit. Avant de paniquer, j’appelai Suzanne. J’avais de la difficulté à entendre la musique. Tout ce que j’entendais était mon cœur. Je remarquai alors que j’entendais la musique normalement, sans technique du son.

J’allai dans ma chambre et m’étendis au côté de Suzanne. J’écoutais la musique et je sentais enfin que je pouvais relaxer et que le sommeil me gagnait finalement. Effrayé, inquiet, mais confiant…

  • (On verra.)

Alors que je m’endormais, je sentis l’énergie au milieu de mon front s’intensifier. J’ouvris les yeux et une vague d’énergie apparu de mon front pour atteindre le mur. Il y eut sur le mur des vagues comme si j’y avais jeté une pierre. Lorsque les vagues se calmèrent, je sentis une cristallisation au niveau de mon front. L’énergie se transforma en une pierre précieuse, tel un rubis. Lentement, je sentis le joyau se détacher de mon front dans une sensation aussi douce qu’un pétale de fleur qui s’ouvrirait. La pierre se décolla de mon front et je l’entendis tomber dans mon matelas dans un son clair. Pour la première fois depuis plus d’une année, je n’avais plus cette désagréable sensation de feu au niveau du front.

J’étais émerveillé par la découverte du joyau et du pétale. Toutes ces histoires de bouddhisme sur les joyaux et les fleurs de lotus venaient de se concrétiser et d’être validés. Je me levai comme si j’avais déjà dormi et recommençai à chercher des informations sur le bouddhisme. Je ne me calmai que tard dans la nuit et je pu enfin m’endormir sans lumière, dans une obscurité absolue, calme, réconfortante.

Chapitre 26

Au matin, je m’installai pour fumer mon déjeuner. Je vis Suzanne qui commençait à manger avec entrain. J’allai vers elle pour une caresse matinale.

  • Salut Sue.

J’entendis une petite voix féminine toute menue qui me répondit :

  • [(Salut!!)]

Je suis encore endormi mais je me verse un café tout en souriant.

  • (Alors qu’elle m’a choisi?)
  • (Je ne sais pourquoi.)
  • (Mais il est vrai qu’elle est apparue de nulle part.)
  • (Et quel est ce jeu auquel elle joue?)
  • (À dicer?)
  • (Mais elle a bien dit « tu nous laisses jouer ».)
  • (Elle ne joue donc pas seule…)

J’entrepris de l’observer un peu plus pour comprendre son jeu. Comme je m’apprêtais à commencer l’expérience, je remarquai Suzanne qui venait de s’allonger non loin de moi.

  • (Et zut!!)
  • (Elle ne doit pas jouer en dormant.)

Je continuai donc mes recherches sur le web.

Selon l’Université Bouddhique Européenne en ligne, il existe trois types de Bouddha. Le terme « buddha » est un terme qualificatif qui ne désigne pas une nature en soi, mais désigne plutôt une expérience, un jalon, un but atteint, celui de l’éveil; la « buddhi ». Il ne s’agit pas d’un savoir mais d’une expérience vécue. « Les textes anciens diront à son propos qu’elle est « au-delà du raisonnement, accessible aux seuls sages en eux-mêmes », ou encore qu’elle est « réalisée dans l’intériorité, à part de toute croyance, inclination, connaissance par ouï-dire, opinion ou réflexion ». »[1] La tradition bouddhique distingue donc trois sortes de bouddha. Il y a d’abord ceux désignés comme auditeurs qui atteignent l’éveil avec de l’aide et après avoir été témoin d’un enseignement. Le deuxième type est celui qui parvient seul à l’éveil mais qui, comme le premier type,  n’est pas en mesure d’enseigner. Le troisième type est celui qui parvient à l’éveil par ses propres efforts et qui est en mesure de partager son entendement.

Voilà, j’avais vu juste. Mais étais-je en mesure de faire comprendre ce que j’entendais? Était-ce parce que j’en étais arrivé à la conclusion qu’il me fallait faire une synthèse de mon expérience que le joyau était tombé ou n’était-ce qu’un concours de circonstance? Tout cela étant, il me fallait reprendre ma vie en main, reprendre mon projet d’étude, reprendre de saines habitudes.

Je m’installai donc dans le soleil qui passait par la porte vitrée du salon pour méditer un peu. Après quelques minutes, comme je me sentais agité, je décidai de faire jouer un disque de musique blues. Je me replaçai sur mon coussin. Après deux chansons de méditation, je décidai d’aller chercher mon harmonica. J’étais heureux et j’avais envie de jouer de la musique dans ce soleil de printemps qui réchauffait ma tête qui m’était de nouveau libre de toute pression.

Je commençai alors à jouer un blues qui transposait toute cette joie qui m’animait. J’avais les yeux fermés et la lumière du soleil me faisait voir dans ma tête un environnement orangé. C’est alors que la lumière devînt plus claire pour tendre vers le blanc. Je continuais à jouer mais ce changement de lumière avait attiré mon attention. J’entre ouvrit les yeux pour les refermer aussitôt. Mon attention fut tout de suite attirée par une vision à ma gauche.

Il s’agissait d’une femme magnifique qui brillait d’une lumière jaune dorée de la même texture que la vision de l’arbre que j’avais vu la veille. Elle portait une espèce de couronne ou plutôt une tiare sur la tête et avais les mains devant elle à la hauteur de sa poitrine. Devant ses mains, je pouvais voir deux rayons de lumière qu’elle essayait de contrôler, d’orienter.

Je posai mon attention devant moi et s’y trouvait un petit bonhomme à tête d’éléphant. Il jouait de la trompette avec sa trompe. J’arrêtai donc de jouer de l’harmonica pour le regarder.

  • [(Heille…)]
  • (Quoi?)
  • [(Joue.)]
  • (Haha…ok…)

La femme étendit alors le bras pour me toucher le biceps gauche. À son contact apparu un bracelet doré. Je regardai ce bracelet et lorsque je portai de nouveau mon attention vers le petit homme, il avait disparu, de même que la femme.

J’ouvris les yeux. Rien devant moi. J’étais seul dans mon appartement. Par contre, je savais très bien où j’avais vu un tel bracelet. Il était présent sur toutes les statuettes et le peinture du Bouddha, à l’exception que son bracelet était situé sur son bras droit.

J’étais ébahi. Je me levai pour faire une recherche sur les êtres que je venais de recevoir. Il fût beaucoup plus simple que je ne le croyais de retrouver ce petit homme à tête d’éléphant.

Il s’agissait de Ganesh, une divinité de l’Inde. Selon l’encyclopédie libre du web, « dans l’hindouisme, Ganesh, Ganesha, Vinayaka, Ganapati est le dieu qui supprime les obstacles. Il est aussi le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. Reconnaissable à sa tête d’éléphant, il est sans doute le dieu le plus vénéré en Inde et son aura touche même tout le sous-continent indien et l’Asie en général. Il est le fils de Shiva et Pârvatî, l’époux de Siddhi (le Succès), Buddhi (l’Intellect) et Riddhî (la Richesse).»[2]

Pour ce qui est de la femme, j’en déduisis qu’il s’agissait de Pârvatî. Encore ici, l’encyclopédie gratuite avait un article. « Pârvatî est une déesse hindoue. Son nom signifie « femme de la montagne ». Elle est la réincarnation de Sati. Sœur de Vishnou et épouse de Shiva, elle est considérée comme « principe féminin suprême » dans certains cultes tantriques. En tant que shakti de Shiva, elle est à la fois puissance de procréation et de destruction. »[3]

  • (Est-ce possible que ce qui est descendu en moi soit Indien ?…)
  • (Mais que je sache, je ne suis pas Shiva…)
  • (La visite était-elle seulement pour le bracelet?)
  • (Voyons pour Shiva.)

« Shiva est un dieu hindou, membre de la Trimūrti avec Brahmā et Vishnou. Shiva est quelques fois considéré comme le dieu du yoga et est représenté en tant que yogi qui possède la connaissance universelle, suprême et absolue, voire dans un état « au-delà de la connaissance ».[4]

  • (La Trimûrti…)

« Dans l’hindouisme, la Trimûrti, trois formes en sanskrit, est la partie manifestée de la divinité suprême qui se fait triple pour présider aux différents états de l’univers. Les dieux Brahmâ, Vishnou et Shiva (ou Rudra, une forme terrible de Shiva), symbolisent respectivement la création, la préservation et la destruction. »[5]

  • (Brahma…Vishnou…)

« Brahmâ est le dieu créateur-démiurge de l’hindouisme, le premier membre de la Trimûrti, la trinit des déités hindoues majeures. Les autres membres sont Vishnou et Shiva. Sarasvatî est sa shakti, son énergie, son épouse. Sa monture vāhana est unhamsa, une oie ou un cygne. »[6]

« Vishnou est le deuxième dieu de la trimûrti (également appelée la « trinité hindoue »), avec Brahma et Shiva. La trimûrti incarne le cycle de manifestation, conservation et dissolution de l’univers dont Brahma est le créateur, Vishnou le protecteur et Shiva le destructeur. Vishnou est connu pour ses nombreux avatars.

Vishnou est souvent représenté en homme bleu avec une parure royale et quatre bras, tenant généralement une roue, une conque, un lotus et une massue dans les mains. Il porte sur sa tête une tiare dorée, appelée kirita-mukuta. Il est dépeint également se reposant sur le serpent Shesha, un lotus sort alors de son nombril ; Brahma sort lui-même du lotus ; cette scène se reproduit à chaque nouveau grand cycle temporel ou kalpa, période liée à la cosmologie hindoue; Vishnou et Brahma recréent ainsi l’univers.

Selon la tradition, Vishnou s’incarne régulièrement, lorsque le monde est menacé par le chaos. Ses plus célèbres incarnations (avatars) sur Terre sont Rāma et Krishna. La Bhagavad-Gita évoque dix avatars :

  1. Matsya, le poisson
  2. Kurma, la tortue
  3. Varâha, le sanglier
  4. Narasimha, l’homme-lion (Nara = homme, simha = lion)
  5. Vamana, le nain
  6. Parashurama
  7. Râma
  8. Krishna (signification « obscurité » ou « noir »)
  9. Siddhartha Gautama, Bouddha. L’intégration de Bouddha dans le panthéon hindou est apparue assez tardivement, probablement au VIIIe siècle comme une expression de la contre-réforme brahmanique au bouddhisme, entamée au IIe siècle av. J.-C..
  10. Kalkî (« temps ») est une figure apocalyptique. C’est irrémédiablement l’incarnation « à venir ». »[7]
  • (…Avatar…)

Dans le vishnouisme, un avatar (avatâra, en sanskrit « descente », au sens de « descente du ciel ») est l’incarnation d’une divinité sur terre, en réponse à un besoin de l’humanité

  • ( !!! )
  • (…Qui descend d’en haut!!)

« Pour la sauvegarde du bien, déclare Krishna dans la Bhagavad-Gîtâ, pour la destruction du mal et pour le rétablissement de la loi éternelle, je m’incarne d’âge en âge. »

Les enseignements d’un avatar, correctement appréhendés et graduellement mis en pratique par l’humanité, élargissent sa compréhension du sens de la vie et contribuent à son avancement sur le chemin de l’évolution.

La notion d’avatar n’a été pleinement développée que dans la mythologie tardive, mais elle se trouve déjà contenue dans les Upaniṣad. Sous forme personnifiée, le principe ultime, qui a manifesté le monde, s’y incarne à nouveau : « L’ayant façonné, il y entra. » (Taittirîya Upanishad, II, 6).

  • (…Il y entra…)

« Le vishnouisme distingue plusieurs types d’avatars, Krishna y étant seul considéré comme un avatar complet de Vishnu (Purnavatara) en tant que principe ultime. Les autres avatars sont alors décrits comme des incarnations partielles ou des manifestations de certains aspects du divin.

La fonction première de l’avatar est cependant chaque fois la même : rétablir le dharma ou la loi éternelle en instaurant les principes de connaissance appropriés à l’époque à laquelle il se manifeste. À cette fin, l’avatar est parfois assisté de vibhûti ou pouvoirs spéciaux, alors personnifiés sous forme de compagnons qui le soutiennent dans sa tâche. »[8]

  • (Shiva, principe de destruction apocalyptique…)
  • (L’Apocalypse…la trinité…la Trimûrti…)
  • (Je me demande si Jésus a voyagé vers l’Inde ou s’il en a reçu des enseignements?)
  • (…Qui suis-je?)
  • (…Que suis-je?)
  • (…Et mes ailes?…)

 

 

 

 

 

 

[1] Université Bouddhique Européenne, Site de l’Université Bouddhique Européenne. [en ligne] « Introduction au Bouddhisme ».  http://www.bouddhisme-universite.net/CEL-exemple/module1/uc1-module1-2.htm#II-2, (consulté le 11 décembre 2014)

 

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ganesh#Gen.C3.A8se

[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pârvatî

[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/Shiva

[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Trimurti

[6] http://fr.wikipedia.org/wiki/Brahma

[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Vishnou

[8] http://fr.wikipedia.org/wiki/Avatar_(hindouisme)