Sumus

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Par-delà le cogito

« En premier lieu : qui veut sérieusement devenir philosophe doit, au moins une fois dans sa vie, faire retour sur soi et chercher en lui-même à bouleverser toutes les sciences existantes et à en reconstruire l’édifice. […] Une fois prise cette décision, une fois que j’ai accepté de commencer dans le dénuement absolu et que j’ai choisi de bouleverser l’édifice existant, la première chose à faire est, bien entendu, de réfléchir à la manière dont je vais pouvoir trouver un point de départ absolument sûr et la méthode qui me permettra de progresser, alors même que me fait défaut le moindre appui hérité d’une science déjà donnée. »[1]

Par où commencer? Probablement par le titre. Sumus vient du latin et est l’accord du verbe être à la première personne du pluriel : sommes. Pour être bien énoncé, il devrait s’écrire « sumus us » (nous sommes) mais j’ai choisi « sumus » car je souhaite énoncer le caractère singulier de la conjugaison comme si, en un mot, je tentais d’énoncer « nous est ». Ainsi, le titre Sumus renvoi à ce qui est présent à travers toute ma réflexion et ce texte est une tentative pour énoncer l’esquisse de la conclusion à cette question qui m’habite : Qu’est-ce que nous?

Cette question émerge d’une réponse à une autre question, à un autre cheminement plus détaillé cherchant une réponse à un engagement à travers ces questions ; qu’est ce qui justifie mon engagement? Qu’est-ce qui peut légitimer mon action? Sur quelle base puis-je fonder une action justifiable aussi pour l’autre? S’il est une raison à mon action, à mon engagement, et qu’elle soit légitime, elle ne doit pas être uniquement fondée sur ma subjectivité, elle doit considérer et avoir comme condition autrui, elle doit se fonder sur « nous ».

Le sumus et ses limites sont difficiles à circonscrire. Il est une subjectivité plurielle et il peut être prit comme référentiel à plusieurs échelons. Il peut s’apparenter par exemple au terme de « personne fictive » ou « personne morale » utilisé en droit et s’y adjoindre une forme de personnalité. À ce titre, il peut lui être considéré des droits et des devoirs. La charte des droits de l’homme est un bel exemple de droit appliqué à un « nous » donné. Sans vouloir entrer ici maintenant dans une science de l’éthique, le sumus semble un référent adéquat aux problèmes des devoirs et de positionnements décisionnaires, tant qu’il ne se considère pas comme dualité. En effet, dès que l’on pose un nous donné, l’on pose une dualité en la présence d’un autre qui n’est pas nous, dénaturalisant ainsi la notion même du sumus. Qu’est-ce que nous? Voilà une question qui demande un certain recul avant d’envisager une hypothèse.

Spécificité de l’approche et construction de la démarche

L’éthique technique est une approche qui exige la maîtrise de notions appartenant à d’autres champs d’études tels la psychanalyse, la physique et la philosophie. Elle ouvre vers une discipline qui permet l’approche et la corrélation sous un même langage de plusieurs domaines du savoir. Une fois cette perspective adoptée, l’étude se concentre sur la cartographie du terrain du politique en tentant d’y insérer des normes de différentes origines tel le code civil, une morale religieuse ou une éthique précise. À terme, cette étude entend fonder l’éthique en l’enchâssant dans le référent qu’est le sumus et à cette fin se trouvent deux nécessités que sont une refonte de la métapsychologie et de la métaéthique à partir d’un système d’analyse vectoriel des tensions du politique.

La récupération de connaissances et l’infinie capacité de réinterprétation et de théorisation qu’offre cette approche m’ont conduit à cette tentative de synthèse. Cette recherche doit relever trois défis; trouver les corrélations entre psychologie et les phénomènes physiques, fonder l’existence des valeurs et classifier les différentes éthiques à l’aide de l’éthique technique comme une systémie.

La démarche est construite pour répondre à la question identitaire que soulève la responsabilité civique. À l’étape de la majorité civile se pose le choix démocratique et l’adhésion à une idéologie mène à une quête de sens où l’individu cherche à se positionner en regard du monde et à ordonner ce dernier en fonction de ce positionnement. L’objet de cette étude est donc vaste et la seule façon de le réduire à une forme observable est de construire un langage qui permet de couvrir l’ensemble, toutes disciplines confondues.

Présentation du plan

Cette thèse se décline en six livres qui abordent dans l’ordre la métapsychologie, le politique, la métaéthique, l’économique, le législatif et la religion civile. Le livre premier reformule la métapsychologie de Freud en gardant les critères du biologique, du réel et de l’économique. Le livre deuxième théorise le politique en l’élaborant par un système de tensions.

 

 

 

[1] Méditations cartésiennes, p.2

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