Que la stabilité est régie par la charge

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Considérons tout d’abord la pulsion comme le corollaire du plaisir et du déplaisir. Le principe du plaisir étant une augmentation ou une diminution de la tension psychologique de débalancement du système psychique, la pulsion est la pente qui accompagne le front d’onde du principe du plaisir, dans un sens comme dans l’autre. L’empressement et la rapidité de la monté de la sensation qui est associé à la pulsion augmente la tension psychologique du rapport de l’être au monde.

Mais pulsion ne signifie pas passage à l’acte. C’est par la motivation que l’acte se concrétise vers l’extérieur. La motivation étant un élan proche du désir et de la pulsion, elle est constante, permanente et n’a pas le caractère brusque de la pulsion ; c’est la durée qui distingue la motivation de la pulsion. Elle peut toutefois perdurer d’une façon plus ou moins intense, ce qui accompagne l’action et lui permet une certaine orientation.

La motivation prend sa source de la pulsion. Cette dernière, par la variation qu’elle provoque dans l’appareil psychique, génère une tension qui traduit un acte en puissance, ce qui fait naître une motivation orientée vers un projet concret de sa réalisation afin de tendre vers l’équilibre des tensions qui animent l’être et ainsi atteindre la satisfaction. Par un jugement moral, cette motivation mènera à un système de tensions psychologiques données et de puissance d’actes.

Ce qui est considéré comme des excitations est un système de tension externe qui se traduit par la naissance d’une motivation au sein de l’individu découlant de la confrontation de la tension au système normatif existant. Ce système normatif est une charge soumise à la motivation et à la tension psychologique et a comme fonction de limiter la motivation dans son rapport à la tension.

L’utilisation du terme libido comme motivation comportementale amène à se demander quel état, but, besoin elle permet la satisfaction. Prendre la libido et lui adjoindre la notion de plaisir comme finalité serait comme un animal attrapant une proie sans la manger. Selon Freud, le but de la libido est l’union. Le terme libido est utilisé comme étant la seule source de motivation permettant d’expliquer toutes les interactions de l’individu avec la réalité extérieure. À chaque comportement est utilisé une forme de la dynamique de la libido. Mais la fin ne serait-elle pas en mesure d’expliquer une dynamique psychique qui pourrait être autre chose que celle la libido?

Il s’agit d’énoncer ici les règles de la dynamique de cette énergie psychique que nous avons classée sous le terme du politique, le politique étant cet échange constant entre différentes instances ou idéations. Le rapport de pouvoir associé au politique prend sa mesure dans les rapports de tensions qui seront énoncés.

De ce fait, comme le mécanisme de cette dynamique est dévoilé, il me semble que l’on puisse parler de métapolitique. Par un concours de circonstance, il peut parfois s’agir aussi de métapsychologie et de métaéthique mais le but avoué de cette réflexion est de rédiger un traité d’éthique technique.

Les faits qui nous font assigner au principe d’équilibre/stabilité un rôle dominant dans la vie éthique trouvent leur expression dans l’hypothèse que lorsque la tension du politique est nulle, il y a harmonie et que cet équilibre se veut la position éthique par excellence. Il ne s’agit pas d’une position de neutralité mais d’une position psychologique où un jugement de la conscience peut se traduire en acte moral par une motivation fondée sur cette position.

En abordant la question de savoir quelles sont les circonstances où le politique se retrouve en dehors de la zone éthique nous serons en mesure de confronter le système aux positions normatives de différentes morales. Il sera ici tenté de cartographier les possibles du système normatif, sachant qu’il se constitue d’une partie réelle, le phénomène, et d’une partie imaginaire, l’axiome. La tension éthique semble donc un potentiel de réalisation du politique comme un appel à la réalisation d’une motivation normative.

Le politique est la dynamique de tensions de la volonté se voulant elle-même comme finalité à l’état d’équilibre.

Enrichissons aussi le texte d’une technicalité afin d’exprimer ce que Freud voyait lorsqu’il exprime dans son texte la probabilité « que ce qui constitue le facteur décisif de la sensation, c’est le degré  de diminution ou d’augmentation de la quantité d’énergie dans une fraction de temps donné.»[1] Déjà, nous avons déplacé l’opposition entre plaisir et déplaisir pour le ramener au seul phénomène de déséquilibre. Concernant le point de vue économique, il trouvera sa propre place au cours du texte en tant que solution optimisée pour la préservation de l’équilibre.

 

[1] S. Freud, Principe du plaisir, p.9

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